Dans Le Livre de Poche, 1957, l'époque de ses étonnantes couvertures, celles-là même que j'abhorrais il y a quelques années et dont je raffole aujourd'hui... Je n'aime pas Maupassant. Bel ami est sans doute l'un des plus mauvais livres que j'ai pu lire et je ne lirai sans doute jamais Boule de suif. Je n'aime pas Maupassant, pourtant, j'aime l'adaptation de ses textes à l'écran : Une Partie de campagne par Renoir est un enchantement ; par Maupassant, c'est tout au plus plaisant ; Le Plaisir d'Ophuls est une merveille (mais c'est Ophuls). Sans doute les cinéastes étaient-ils plus clairvoyants et plus perspicaces que lui ; sans doute n'était-il pas fait pour écrire. De même, à l'image, Boule de suif est une réussite, malgré tout, dans son genre ; mon jugement est influencé par Micheline Presle (l'un de mes vertiges d'adolescent), mais il n'y a pas que cela ; et cela je ne veux pas le voir gâché par le texte. Voici le dernier paragraphe : « Elle cesse de lire, tout heureuse à cette idée qu'elle l'a eu, son calorifère. Sa main droite, qui tient la lettre retombe lentement sur ses genoux, tandis qu'elle porte à sa bouche sa main gauche comme pour calmer la toux opiniâtre qui lui déchire la poitrine. »

3 octobre 1997