Terrasse du café de la Mairie. La jolie serveuse est « revenue » – avec quelques kilos en plus –, m’a adressé un grand sourire. (Pour une fois, je n’avais pas demandé de verre d’eau, elle m’en a servi un avec le café.) Dernier Sou, impôts, book-box Gayolle (vide à l’exception d’un P.D. James en anglais et en très mauvais état), Pipots, Havane et me voici. Le nouveau jardin éphémère est en cours, deux gros tas de terre, des tracés, des planches, quelques ouvriers nonchalants. Que sera-t-il, mystère ? Un groupe de vieux touristes s’extasient face à ce spectacle… Lombes un peu douloureuses aujourd’hui, je déchante, ça me démoralise… J’avale Somoza. Espagne, 36, les phalangistes, Franco (à la saisie, j’avais lu France sur le marque-pages et me demandais à quoi ça se rapportait), puis, après-guerre, les colonies, l’indépendance (protectorat espagnol, Maroc – je l’ignorais ; je savais que la France y était, mais pas l’Espagne), espionnage, mais aussi et surtout (l’espionnage n’est finalement qu’un prétexte propre à étoffer une intrigue), l’écriture, les livres, l’écrit dans l’écrit, fiction et réel en bisbrouille, c’est passionnant – dommage qu’il y ait les ruptures de phrase posées comme des obstacles à la fluidité de la lecture, comme s’il y avait volonté d’empêcher le lecteur de se laisser aller au texte ; sont-elles dans l’original ? (Sans doute, mais j’aimerais bien me tromper car un véritable écrivain les aurait gommées et, pour le moins, aurait employé le point-virgule – disparu des écrits des « temps modernes », qu’on m’explique pourquoi)