Apéritif aujourd’hui avec cette fois les voisins de droite, petit salon, feu de bois (« c’est cozy », avait dit Annie avant-hier en y entrant). Nous avons fumé, Christine et moi – j’en ai demandé la permission à Éléonore. Alain s’est encore distingué en nous narrant des épisodes de ses aventures à travers le monde (tout comme moi, Christine doute de la véracité de certaines – il a rencontré Rezvani, Crosby, Nash, a été mêlé à la pègre marseillaise, a été dealer, etc., cela fait beaucoup). C’est tout de même un sacré loustic. C’est exactement cela, sacré loustic, avec ses deux mètres, sa tignasse frisotée, ses petites dents – qui bizarrement lui donnent un côté carnassier –, son « nez de Juif » – dixit Christine –, on a bien ri. Christine a découvert la vitrine du Lys – la première fois, nous étions dans l’autre salon, la deuxième dans la cuisine –, m’a posé des questions, je lui ai promis des exemplaires ; puis Alain m’a posé d’autres questions au sujet de l’écriture – « tout le monde me dit que je devrais écrire un livre au sujet de mes aventures ! ». Ils connaissent une écrivaine intrigante (elle aurait trois noms suivant les pays où elle publie), mais n’ont pas été capables de se souvenir de l’un d’entre eux, je leur reposerai la question à l’occasion… J’ai achevé le Diable a dicté, Jean-Stéphane pur jus (enflammé, grinçant, acerbe, réjouissant), j’en suis sorti troublé et agité comme à l'accoutumée. Dommage qu’il y ait les coquilles, les fautes élémentaires – impardonnables vu le contexte et son écriture : ça devrait être parfait – ; il l’a pourtant fait lire – mais à qui ? – et l’a évidemment lu et relu. Dommage qu’il ne me l’ait pas confié. Multitude de notes, j’ai commencé à les transcrire, ça va me prendre un temps phénoménal, mais ça en vaut la peine. Je lui ai dit que je les lui enverrais avec commentaires assortis ; lui ai aussi dit que ce texte (roman, c’en est un) était « puissant, vertigineux et hautement troublant ». Je ne m’esquivais pas, je le pense ; en même temps, aurais-je dit exactement la même chose si je ne le connaissais pas ? Difficile de faire la part des choses, c’est même impossible. Léo, Éléonore et Innocent ont loué L’Archiveur, mais ils me connaissent, ça ne me rassure pas vraiment, j’ai un doute. En l’occurrence, la réponse ne peut être donnée que par un lecteur inconnu ; ou par un éditeur (une fois que son texte sera revu) – reste à trouver lequel – et s’il le désire – je ne le pense pas suite à son expérience dans le domaine (je vais lui demander de l’envoyer à Sosthène, par exemple, plus tard à Léo lorsqu’il sera revenu d’Asie)… Il n’empêche, c’est un texte puissant, vertigineux et troublant (et comment un lecteur inconnu ou un éditeur pourraient-ils ne pas être de cet avis ?)…

 

18 décembre 2025

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