Le texte de Jean-Stéphane m’est arrivé sous la forme d’une plaquette, quelques feuillets A4 pliés et agrafés. Il ne pouvait plus mal tomber ; j’étais en pleine déconfiture et l’ai reçu en pleine figure. C’est l’histoire de l’amour éperdu d’un homme pour une jeune fille, ou pour le moins d’une fille jeune (j’avais vu juste) ; la différence avec ma propre histoire est que son aventure se concrétise – mal (mais se concrétise)… À lire ces pages très belles, je me suis senti un peu misérable avec mes démêlés souffreteux et introspectifs ; je pense parfois qu’il ne doit pas s’agir d’un amour très fort pour que j’accepte tout si docilement, pour que mon seul acte ne se résume qu’à l’attente. Sa situation et la mienne ne sont pas comparables, chacun vit ce qu’il vit, mais je m’étonne tout de même de mon manque d’allant, d’une « action » concrète, claire, explicite, par l’attitude, le geste, même si je suis persuadé que c’est ce qu’il faut (de toute manière ma nature m’interdit d’agir autrement)… (Comme illustration de couverture, Le chemin de croix de Bosch...) (J’allais oublier le sous-titre : « Quatorze scènes »...)

 

19 mars 1996