
J’ai aussi constaté dans Bouquins que la composition de Miss Harriet version Folio était celle d’origine. Denis suit L’Héritage et je me suis demandé si j’allais poursuivre la lecture dans le recueil Folio ou dans Bouquins. Puisque j’avais entamé le Folio autant le terminer. Après Denis, L’Âne (aussi extravagant que le précédent encore que le second m’ait fait frémir), puis Idylle. C’est en arrivant à la page 180 que je m’aperçois d’une drôle de chose : une bande de papier de deux à trois millimètres de largeur prise dans la reliure. Je constate alors, avec une drôle de surprise, que la page suivante porte en en-tête le titre La Ficelle et, au lieu de 181, 187 : six pages du livre ont été arrachées… Ce livre provient de ma boutique et je me suis dépêché d’aller le retirer de mon stock (ainsi que le Bouquins puisque je vais le conserver). Je poursuis ma lecture dans Bouquins et tout à coup lis : « Le sein de droite apparut, énorme, tendu, avec sa fraise brune. » Je m’arrête : j’ai lu cette phrase (la « fraise brune » m’avait frappé), hier, avant-hier, quand, où, comment ? Et pour confirmer, les derniers mots : « cela faisait deux jours que je n’avais pas mangé ». Doute ; l’ai-je lu dans l’un des autres recueils ? Non, j’en étais sûr. Alors, où ? Sans doute dans la préface, je l’avais entamée, puis survolée. C’est alors, en la feuilletant, que je m’aperçois qu’il y manque les pages de 15 à 18, elles aussi arrachées… C’est incroyable, jamais ça ne m’était arrivé et le plus curieux dans cette histoire c’est que si j’avais décidé de poursuivre la lecture dans Bouquins, j’aurais remis Miss Harriet dans ma boutique et un jour ou l’autre l’aurais vendu avec ses pages manquantes… (Ce n’est pas tout à fait vrai, ça m’est arrivé une fois, ça me revient, il y a quelques années, un livre de Kundera ; l’acheteuse m’avait écrit pour me signaler qu’il manquait une page – je lui avais proposé de lui envoyer mon exemplaire, elle avait refusé et m’avait dit : « non, scannez-la et envoyez-la-moi… ») J’ai trouvé, cela figure dans les notes du Horla… Je n’ai pas dit qu’Idylle est aussi un très beau texte… (Maupassant est mort à quarante-trois ans, ça m’a secoué, j’ignore pourquoi…)
22 avril 2026