« Et je crois maintenant que je n’ai jamais aimé d’autre femme que Châli. » Ce sont les dernier mots du dernier conte du tome I, mignon et en définitive beau (mais aussi cruel), l’histoire de la petite Indienne Châli (et à ce titre, « d’autre femme » n’est pas tout à fait juste : c’est une enfant – elle a huit ans – ; en même temps, comment le dire autrement ?) (« Et je crois maintenant que Châli a été mon seul amour. » Par exemple...) Je suis du reste très étonné que cette relation figure dans un texte d’alors : le radjah lui livre cinq fillettes – Châli est la plus âgée –, le narrateur finit par succomber. Ça ne se passe pas en Occident et le narrateur aurait droit à une certaine indulgence du fait des mœurs différentes de ce pays ; il n’empêche. « Puis, un soir […], celle qui s’appelait Châli […] devint ma femme pour de vrai. C’était un adorable petit être […] que j’aimais étrangement, avec honte, avec hésitation, avec une sorte de peur de la justice européenne […]. » « Je la chérissais comme un père, et je la caressais comme un homme. Pardon, mesdames, je vais un peu loin. » Heureusement qu’il y a ce texte et qu’il clôt l’ensemble de ce recueil très inégal, car ce qui précède est parfois affligeant : Le Verrou presque bête, Rencontre, sans grand intérêt (pas de rapport avec le précédent Rencontre de 1882), Décoré !, rigolo, mais attendu (et de nouveau l’amant, le mari, la maîtresse) ; j’allais oublier Suicides après Rencontre – à la réflexion, pas si mal, encore que je me demande comment l’homme s’est débrouillé pour se suicider de deux coups de revolver : « Les habitants de la maison […] ont été réveillés par deux détonations successives. » De là à penser qu’il ne s’est pas suicidé même si la lettre retrouvée près de son corps annonce sa décision de le faire J’ai ensuite entamé la « Notice » au sujet des contes pour l’arrêter lorsqu’il m’est venu à l’esprit qu’il y avait encore le tome II ; je la poursuivrai donc plus tard, au terme de la lecture du tome II. Pour terminer, j’ai feuilleté, survolé le QUID, m’y suis arrêté de temps à autre en prenant la décision de le lire de bout en bout, un jour… Place au tome II (Certains quotidiens de l’époque tiraient à près d’un million d’exemplaires, c’est ahurissant)