J’écoute la quatrième émission de la série « Proust et 1913 » d’Antoine Compagnon. Un quart d’heure pour se demander pourquoi Proust cite « la rivalité de François 1er et de Charles Quint » (on ne dit pas la rivalité « entre » ?) après l’église et le quatuor, alors que la réponse est toute simple : parce qu’à ce moment-là, précisément, il lisait un texte à ce sujet. Il parle d’église, de quatuor, il lui manque un détail, et lui passent par l’esprit ses lectures actuelles dont celle qui mentionne ladite rivalité. Compagnon se creuse la tête (lui et les multiples exégètes qui n’ont l’air de n’avoir que ça à faire) pour arriver à cette conclusion que la rivalité de François 1er et de Charles Quint est un détail inutile. Inutile ? Pas davantage que quoi que ce soit d’autre ; c’est l’utilité de l’inutilité. C’est idiot ; comme si chaque mot d’un texte devait absolument être assorti d’un sens, d’une raison d’être. Compagnon devrait écrire, il saurait et ne se poserait pas de questions aussi « inutiles ». Incidemment, je note que lui aussi est tombé dans le trou du doublement du sujet : « Ce texte, il est… » (et il « part à »)... (Je travaille au 20 octobre et, au fil des corrections, je pense à Compagnon et à son décorticage de La Recherche, imagine un exégète à venir se poser les mêmes questions au sujet de Mai en en comparant les différentes versions. Je viens de remplacer un point-virgule par un tiret et j’entends une voix le remarquer et s’exclamer : « ah ! ici, il a remplacé le point-virgule par un tiret ; pourquoi ? »

 

20 décembre 2013

 

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