On dirait Céline sans les points de suspension et l’air putride dans le cerveau. Joie... Fin XIXe, un atelier de brochure à Vaugirard (non encore inclus dans Paris ?), banlieue, sa population, la classe ouvrière et l’écriture à l’avenant ; je me demande comment j’ai pu m’arrêter à la première page, c’est superbe… C’est drôle tout de même : je lis Soumission, Houellebecq parle d’Huysmans, je me promets de le relire, vais aussitôt à la bibliothèque, sors les exemplaires de ce que j’ai de lui, vois Les sœurs Vatard, lis mes commentaires dans le site, n’en reviens pas, l’entame comme pour vérifier et en lis cent pages d’une traite… En lisant, je pense à Houellebecq, à ce qu’il dit d’Huysmans (il ne cite pas Les sœurs Vatard, période naturaliste avant qu’Huysmans verse dans le catholicisme), son vocabulaire, les supposés néologismes ; je retrouve tout cela dans Les sœurs Vatard et, aux passages bouillonnants et emportés, longues phrases parfois, je pense à celles qu’Houellebecq utilise à quelques reprises, en porte-à-faux avec son « style » habituel, et je me demande s’il ne s’agit pas de clins d’œil à Huysmans, justement – sinon elles ne se justifient en rien, n’ont pas lieu d’être… Quelle belle langue... (Vaugirard est annexé en 1859, Les sœurs Vatard a été publié vingt ans plus tard ; il s’agit ici du quartier...)

 

10 décembre 2025