« I remember, writes Bayle in one
of the interminable footnotes of his gret Dictionary, “I remember that I
one day asked a Gentleman who was relating to me numberless Irregularities of
the Venitian Clergy, how it came to pass that the Senate suffered such a thing,
so little to the Honour of religion and the State. He replied, that the public
Good obliged the Sovereign to use this Indulgence; and, to explain this Riddle,
he added that the Senate was well pleased that the Priests and Monks were held
in the utmost contempt by the People, since, for that reason, they would be less
capable of causing an Insurrection among them. One of the reasons, says he, why
the Jesuits there are disagreeable to the Prince is because they preserve the
Decorum of their Character; and thus, being the more respected by the inferior
People, are more capable of raising a Sedition. ” »
« Je me rappelle, écrit Bayle dans l’une des interminables notes de bas de page de son Dictionary, avoir un jour demandé à un gentilhomme qui me racontait les innombrables irrégularités du clergé vénitien, comment il se faisait que le Sénat supportait une telle chose si peu à l’honneur de la religion et de l’État. Il m’avait répondu que le bien public obligeait le souverain à user de son indulgence ; et, pour expliquer cette énigme, avait ajouté que le Sénat était très content que les prêtres et les moines soient tenus par le peuple dans le mépris le plus complet, car cela réduisait leur capacité à provoquer une insurrection chez eux. L’une des raisons, dit-il, pour laquelle les jésuites y étaient mal vus par le Prince, provient du fait qu’ils conservent l’étiquette de leur réputation ; ainsi, étant les plus respectés par les gens inférieurs, ils étaient plus susceptibles de provoquer une sédition. »