
8 « vraiment impubliables »
Nadeau demande à Douassot de retirer un dixième de pages des mille cinq cent de son manuscrit. Ce sont « naturellement, les plus fortes, non pas [sic] les moins publiables, mais vraiment impubliables, que nous n’oublierons plus et qui, plusieurs nuits de suite, nous ont donné des cauchemars. » Et plus loin : « […] les pages que nous lui avons demandé de supprimer étaient vraiment horribles. » À le croire, il allait plus loin que Sade, Lautréamont ou Genet (Bataille avait-il fait paraître Histoire de l’œil ?) Que contiennent-elles donc, et où sont-elles ? Douassot les a-t-il emportées ? Plus loin, Nadeau précise que Julliard avait proposé à Douassot de faire publier ces pages hors-commerce ; il avait refusé. Qu’en avait-il fait ensuite ?... Je relève enfin : « Sans posséder le talent littéraire de Sade, de Lautréamont ou de Jean Genet […]. » Mais Douassot a ce talent-là, et c’est justement ce qui fait que ce n’est pas, avant tout, une autobiographie d’un enfant de pauvres ; c’est ce talent qui donne toute la force à ce texte. Pourquoi le lui dénie-t-il ? Ou, alors, comment se fait-il qu’il ne s’en soit pas aperçu ?... (Histoire de l’œil a été publié en 1928...)