« On nous demande des nouvelles de Paris et on parle beaucoup d’Henri Miller, dont le procès passionne ses admirateurs. Santa Fé n’est pas très loin de la côte Ouest et appartient à la zone d’influence de Miller qui apparaît ici comme le premier écrivain d’Amérique. Sur son instigation, on est en train de faire circuler une pétition dont le but est de faire libérer Céline de la prison du Danemark où il est enfermé. On me parle avec feu d’un plaidoyer que Céline a composé en sa propre faveur et où il prétend que Guignol’s band a été écrit par les Allemands, pour lui nuire. Nous essayons de les renseigner un peu sur Céline, mais nous avons beau être en nombre : les Américains ont tant de défiance à l’égard de ce que les Français racontent sur la résistance, la collaboration, l’occupation, les camps, que la pétition pour Céline continuera sûrement à courir. »