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Je pensais me coucher tôt (j’en avais l’intention)
et puis la saisie des deux jours précédents, puis celle des feuillets concernant
Ballard, m’ont mené jusqu’à l'aube. Pourtant, je ne voulais pas aller me coucher
sans lire la nouvelle suivante, un texte que je ne me rappelle pas avoir lu, et
qui, après la petite série des paysages intérieurs, se pose tout à coup comme
une fracture, une coupure définitive, comme une préfiguration de The atrocity
exhibition, Crash et d’autres nouvelles à caractère expérimental
(Burroughs, Joyce) et résolument ancré dans le présent et la modernité.
« The beach murders ».
1966. C’est le début de la nouvelle génération des
auteurs SF anglais, Priest, Moorcock, New Worlds. En lisant ce texte sanglant et
clinique sous forme d’abécédaire (il y a aussi le Surréalisme qui traîne par là
avec, pour teinter, le psychédélisme, le Vietnam, le rock progressif en attente,
l’Amérique omnipotente), me sont venues des images, des lignes, des idées, dont
un court texte instantané que je me suis promis de me rappeler... Mais tout
s’est envolé…
23 juillet
2003