
Je me traîne littéralement. Forte envie de fumer
de même, les deux étant peut-être liés. Je survole un texte de
Sollers sans parvenir à oublier tout à fait son allure de la nuit. Mange un
morceau, sors le chien, achève la traduction, redescends, m’installe un moment
au jardin avec le Ballard que j’ai repris pour me changer un peu de Sollers,
pour aussi lire de l’histoire, du récit, « The subliminal
man », puis « The reptile enclosure », pas le moindre souvenir de ses deux
nouvelles. Je remarque le caractère prémonitoire de la première, écrite en 1963,
où Ballard, dans un monde au futur proche entièrement voué à la consommation à
l’excès (à présent très semblable au nôtre et à ce qu’il va devenir d’ici peu),
parle des supermarchés ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre et du
téléphone gratuit contre messages publicitaires. Il est à présent 23 h 56 et
j’achève ma huitième cigarette…
4 mai
2003